Dossier Légionnelose : Épidémiologie

Depuis l'épidémie de Philadelphie en 1976, d'autres épidémies ont été observées. Cela fait donc longtemps que la Légionellose défraie la chronique.

 

La voie de contamination connue est la voie aérienne (inhalation d’eau contaminée par des Légionelles). Les Légionelles se multiplient dans les macrophages alvéolaires et causent leur destruction. Les Légionelles restent dans les alvéoles provoquant une alvéolite fibrinopurulente.

 

Chez les immunodéprimés, les légionelles sont retrouvées dans le sang, le foie, la rate, les ganglions.

Le tabagisme, altérant la résistance naturelle aux infections au niveau des alvéoles pulmonaires, est un facteur favorisant majeur.

 

Les principales sources de contamination sont :  

 

les tours de refroidissement,

les climatiseurs, 

les bains à jet,

les bains à remous (jacuzzi), 

les fontaines réfrigérantes, 

les fontaines décoratives, 

les douches, …

 

A ce jour, aucun cas de contamination inter-humaine n’a été rapporté. D’autres modes de contamination (ingestion) n’ont pas été prouvés. 

 

Pour les climatiseurs, on estime que le risque de contamination est important au-delà de 1000 Légionelles (UFC) par litre d’eau.

 

Le nombre de cas de légionelloses acquises en milieu hospitalier représente prés de 20 % de l’ensemble des légionelloses.

 

Une enquête en région parisienne a montré que 20 % des équipements collectifs de distribution d’eau chaude contenait des Légionelles.

 

Parmi les facteurs favorisant la multiplication des légionelles dans l'eau on peut citer : 

une température de l'eau comprise entre 20°C et 45°C, la présence d'amibes, la stagnation de l'eau et la présence de biofilms. 

Dans les réseaux d'eau, la contamination biologique provient d'organismes tels que des bactéries mais aussi des algues, des moisissures, des amibes...

Ces micro-organismes peuvent coloniser les surfaces et former un biofilm qui favorise la prolifération des Légionelles. La croissance des légionelles est également favorisée par la présence de dépôts de tartre, de certains résidus métalliques, de matériaux tels que le caoutchouc, le chlorure de polyvinyle, le polyéthylène ou le silicone ainsi qu'en présence de concentrations élevées de calcium et de magnésium.

En 2006, 1443 cas de légionellose ont été enregistrés correspondant à un taux d’incidence de 2,3 pour 100 000 habitants. L’âge médian est de 61 ans. Le sexe ratio homme/femme de 2,8. La létalité est de 10 %. Un ou plusieurs facteurs favorisants ont été retrouvés chez 1 020 cas (71 %). La majorité des cas (95 %) avait été diagnostiquée par le test de détection de l’antigène urinaire.