Dossier Légionnelose : Prophylaxie

Le Conseil Supérieur d'hygiène publique de France a émis un Avis en date du 16 avril 1999 sur la place de l'antibioprophylaxie dans la prévention des légionelloses nosocomiales.

 

Par ailleurs, face à l’importance du risque sanitaire, la Direction Générale de la Santé a rédigé et diffusé la Circulaire n°98/771 du 31 décembre 1998. Elle fait suite à la Circulaire DGS N° 97/311 du 24 avril 1997 relative à la surveillance et à la prévention de la légionellose.

 

La Circulaire du 31 Décembre 1998 précise l’application des préconisations concernant la gestion du risque vis-à-vis de la prolifération des Légionelles dans les réseaux et systèmes de traitement d’eau.

 

Elle précise notamment :

 

"La qualité microbiologique de l’eau est un paramètre essentiel de la maîtrise du risque nosocomial. Une contamination même faible (au niveau du seuil de détection par exemple) par des Légionelles aux points d’usages peut constituer un danger sanitaire, particulièrement pour les sujets présentant des facteurs de risque en rapport avec une affection de l’appareil respiratoire ou avec une baisse de leurs fonctions immunitaires". 

 

Les patients concernés sont donc nombreux : 

Sujet atteint d’une maladie respiratoire chronique ou d’une insuffisance cardiaque,  

Malade ayant subi une intervention chirurgicale sous anesthésie générale,  

Diabétique,

Intoxication alcoolique ou tabagique,  

Patient immunodéprimé (du fait d’une chimiothérapie ou d’une corticothérapie, d’une infection par le VIH, d’une affection maligne, d’une transplantation, …),

Sujet âgé.

 

De même, les prématurés et les nouveaux nés n’ont pas achevé le développement de leur système respiratoire. Ils doivent faire également l’objet de précautions particulières.

 

Une nouvelle circulaire en date du 22 Avril 2002 (2002/243) complète et remplace la partie I de la Circulaire n°98/771 du 31 décembre 1998, concernant la prévention de la légionellose dans les établissements de santé.

Cette nouvelle Circulaire "vise en particulier à : 

améliorer la gestion des installations à risque dans les établissements de santé

améliorer la prise en compte du risque lié aux légionelles dans les activités de soins,

proposer des modalités de mise en oeuvre des dispositions précédentes dans les établissements de santé.

La législation demande de respecter notamment les points suivants :

 

Assurer un entretien régulier du réseau avec la constitution d’un dossier technique précisant la description du réseau, les protocoles de maintenance et d'entretien, les résultats d'analyses effectuées périodiquement dans le cadre de l’auto surveillance et du contrôle sanitaire,

 

Rechercher les Légionelles sur des prélèvements effectués dans les réservoirs, ballons d’eau, installations à risque ainsi qu’aux points d’usage. 

La recherche et la numération des Legionella dans l'eau doivent être effectuées selon la norme AFNOR NFT90-431 (novembre 1993). 

Cette méthode normalisée permet l'obtention de résultats homogènes avec une sensibilité (50 UFC/litre, UFC = unités formant colonie) suffisante au regard du risque sanitaire. 

 

Pour les réseaux de distribution d'eau chaude sanitaire il est reconnu qu'en dessous de 1000 UFC/litre, le risque d'apparition de cas de légionellose est très faible. Cependant, ce risque varie en fonction de l'état immunitaire des personnes exposées et de la densité et durée d'exposition aux aérosols contaminés.


Pour les eaux thermales, la circulaire DGS/SD1D/92 n° 513 du 20 juillet 1992 relative à la qualité des eaux minérales dans les établissements thermaux a proposé de prendre 10O UFC/litre comme valeur de référence non impérative au delà de laquelle un suivi attentif de la situation doit être réalisé. A partir de 1000 UFC/litre, des mesures de lutte et de prévention doivent être prises pour les usages et soins occasionnant la production d'aérosols.


En ce qui concerne la prévention des risques dus à l’utilisation des climatiseurs, une législation spécifique a été mise en place. Ce texte impose de rechercher les Légionelles dans les systèmes de refroidissement au contact du public et préconise l’entretien de ces appareils.

 

A la suite des cas de légionellose survenus à l’hôpital européen Georges Pompidou, la ministre de l’emploi et de la solidarité et le ministre délégué à la santé ont décidé, par lettre du 7 mars 2001, de diligenter une mission d’experts. Vous pouvez lire leur Rapport sur la maîtrise du risque de légionellose à l'hôpital Européen Georges Pompidou.

 

Depuis 1987, la légionellose fait partie des maladies à déclaration obligatoire. 

La déclaration est faite auprès des médecins inspecteurs de la santé publique des DDASS (Décret N° 87-1072 du 11 décembre 1998 modifiant le décret n°686-770 du 10 juin 1986 fixant la liste des maladies dont la déclaration est obligatoire en application de l'article L.11 du code de la santé publique). 

La déclaration peut également être faite par le Biologiste responsable du rendu positif de la recherche de legionella (JO N°110 du 13 Mai 1999, page 7095).

En ce qui concerne le risque professionnel, le décret n° 94-352 du 4 mai 1994 s'applique. Il fixe les règles particulières de prévention et de protection des travailleurs contre les risques résultant d'une exposition à des agents biologiques. Il classe les agents biologiques en quatre groupes en fonction de l'importance du risque d'infection qu'ils présentent. 

L'arrêté du 18 juillet 1994 le complète en fixant la liste des agents biologiques pathogènes. Legionella est classée dans le groupe 2 (agents biologiques dont la propagation dans la collectivité est peu probable et pour lesquels il existe généralement une prophylaxie ou un traitement efficace).

 

Le nombre de déclarations reste très faible malgré  le renforcement du dispositif de surveillance épidémiologique. (lire les Légionelloses déclarées en France en 2000, Institut de Veille Sanitaire). 

 

L'immunité conférée par la maladie semble solide et durable.